La question paraît absurde. Elle est pourtant au cœur du déni qui paralyse, chaque jour, les comités de direction français. Aucun texte ne dresse la liste des cibles licites. Mais l’absence de préparation revient, en pratique, à se porter volontaire.
Un chef d’entreprise m’interrogeait récemment : « Mon secteur est-il réellement concerné ? » La question, courtoise, portait en elle l’ensemble du problème. Le droit pénal français, depuis la loi Godfrain du 5 janvier 1988, protège indistinctement tout système de traitement automatisé de données. Le Code pénal, en ses articles 323-1 à 323-7, ne connaît ni exemption de secteur, ni seuil de taille, ni privilège d’exposition. Il vise « tout » système. Ce mot de trois lettres change tout.