Dans le domaine de la lutte contre la désinformation, les plateformes de messagerie dites « privées » constituent aujourd'hui un angle mort persistant des dispositifs réglementaires européens.
Deux chercheuses, Mariana Olaizola Rosenblat et Katharina Zuegel, ont récemment formulé des propositions concrètes pour combler cette lacune — sans sacrifier la protection du chiffrement. Leurs conclusions méritent une attention particulière de la part des opérateurs et des juristes.
Le problème : une dichotomie « public / privé » obsolète
Le cadre réglementaire actuel, et notamment le Digital Services Act (DSA) pleinement applicable depuis le 17 février 2024, repose sur une distinction fondamentale entre communications « publiques » et communications « privées ». Or, cette distinction ne reflète plus la réalité opérationnelle de plateformes comme WhatsApp ou Telegram.